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Taux de rentabilité interne : lire un projet solaire

09.10.2026

Le TRI est le taux d’actualisation qui annule la valeur actuelle nette des flux d’un projet. Il éclaire une décision d’investissement solaire, sans remplacer l’examen des hypothèses.

Un pourcentage qui résume des flux, pas une promesse

Le taux de rentabilité interne (TRI) répond à une question précise : quel taux d’actualisation rend nulle la valeur actuelle nette (VAN) des flux prévus ? Autrement dit, il condense en un pourcentage la chronologie des sorties et des entrées d’argent du projet. Pour une installation solaire, il faut donc raisonner sur les flux attribuables à cette installation, plutôt que sur le seul montant de facture évité une année donnée. Le ministère définit le TRI du projet comme le taux qui annule sa VAN. Son intérêt pratique est de permettre une comparaison avec le coût de financement pertinent, pas de certifier un résultat.

Lire le TRI avec un exemple simple

Imaginons, à titre purement pédagogique, un système payé 10 000 € à l’installation, puis procurant 1 500 € de flux net à la fin de chacune des dix années suivantes. Le calcul cherche le taux r pour lequel : −10 000 + 1 500/(1+r) + 1 500/(1+r)² + … + 1 500/(1+r)¹⁰ = 0. Le résultat est un TRI d’environ 8,2 % par an. C’est un exemple simplifié, pas une estimation de rendement pour une maison réelle : il suppose dix flux annuels égaux et ne décrit aucune offre du marché. Dans un projet solaire domestique, les économies prévues dépendent notamment de la part de production consommée au moment où elle est produite : la production peut être inférieure aux besoins, par exemple la nuit ou en hiver. [Fiche énergie-info](https://www.energie-info.fr/fiche_pratique/lautoconsommation/).

Quels flux retenir pour un projet solaire ?

Dans un calcul domestique, les entrées ne sont pas seulement d’éventuelles recettes de vente : elles peuvent inclure la valeur de l’électricité autoconsommée et les revenus du surplus, selon le scénario retenu. En face, il faut inscrire le coût initial et les dépenses futures raisonnablement anticipées, en veillant à ne pas confondre économies sur la facture et revenus encaissés. Le point délicat est de prévoir combien de production sera réellement utilisée sur place. Comparez les devis en explicitant les hypothèses de production, d’usage, d’entretien et, le cas échéant, de remplacement de matériel. La CRE cite l’évolution technologique et la baisse du coût des panneaux et de leur installation parmi les facteurs qui peuvent favoriser la rentabilité de l’autoconsommation ; cela ne remplace toutefois pas le calcul propre à votre logement. [CRE](https://www.cre.fr/electricite/autoconsommation.html).

Pourquoi le TRI ne suffit pas à trancher

Un taux élevé ne dit pas, à lui seul, combien d’euros le projet crée au total : un petit projet peut afficher un TRI supérieur tout en apportant moins de valeur absolue qu’un projet plus important. Il ne valide pas non plus les hypothèses qui l’alimentent. Une production surestimée, un taux d’autoconsommation trop optimiste ou des frais omis peuvent gonfler le résultat. Comparez des scénarios avec le même horizon et des hypothèses transparentes ; examinez aussi la VAN et les flux annuels, pas seulement le TRI. L’énergie-info invite à consulter les factures sur plusieurs années, car le profil de consommation varie. Le TRI est ainsi un outil de comparaison conditionnel aux prévisions, et non une garantie de rentabilité. [Conseils du médiateur national de l’énergie](https://www.energie-info.fr/fiche_pratique/lautoconsommation/).

Sources

  1. Ministère de la Transition écologique
  2. Médiateur national de l’énergie — énergie-info
  3. Commission de régulation de l’énergie
  4. Autorité des marchés financiers