Rongeurs et câbles photovoltaïques : reconnaître les signes de dégradation
09.10.2026
Fiche pratique : repérer les morsures, préserver la sécurité et organiser un contrôle sans manipuler les câbles.
Quels signes chercher dans les combles ?
Une installation photovoltaïque peut être exposée aux rongeurs dans les combles, aux traversées de toiture et autour des équipements accessibles. Cherchez d’abord des indices matériels sur le parcours des câbles : entailles répétées dans la gaine, portions écrasées ou arrachées, marques de dents et, dans les cas plus avancés, cuivre visible. L’IEA PVPS classe les morsures d’animaux parmi les dommages de câbles et précise que l’atteinte peut être repérée par inspection visuelle ([guide de l’IEA PVPS](https://iea-pvps.org/wp-content/uploads/2020/03/191022_Explanation_PV-System_Survey.pdf)). Une trace isolée ne permet pas toujours d’identifier l’animal ni de savoir si le câble est encore fonctionnel. Notez l’emplacement et prenez une photo à distance, sans déplacer le câble, pour la transmettre à l’installateur.
Pourquoi une petite morsure mérite attention
L’enveloppe extérieure protège l’isolant et les conducteurs. Les rongeurs peuvent attaquer cette gaine, qui protège les parties conductrices. Une atteinte même partielle mérite d’être évaluée : l’IEA PVPS indique qu’une isolation insuffisante peut s’accompagner d’un défaut partiel de l’onduleur. Toutefois, un voyant ou une baisse de rendement ne suffit pas, à lui seul, à prouver une morsure. Le risque électrique devient plus sérieux si le cuivre est exposé. Le gouvernement de l’Ontario explique qu’un arc peut apparaître lorsque l’isolant a été assez rongé pour laisser des conducteurs de cuivre à découvert ([fiche de l’Ontario](https://www.ontario.ca/page/electrical-systems-barns)). Ne collez pas de ruban adhésif sur le câble et ne tentez pas de le réparer : un simple recouvrement ne permet pas de vérifier l’état de l’isolation ni du conducteur.
Que faire devant un câble abîmé ?
N’approchez pas les doigts, n’écartez pas les brins et n’ouvrez pas un boîtier pour confirmer le dommage. Un câble photovoltaïque peut rester dangereux même si l’onduleur ne produit plus ou si l’installation semble arrêtée. L’INRS rappelle que les opérations effectuées hors tension sont les seules présentant une sécurité totale vis-à-vis du risque électrique ([INRS, opérations sur les installations électriques](https://www.inrs.fr/risques/electriques/operations-installations.html)). Le contrôle et la mise en sécurité sont donc à confier à une personne qualifiée. Signalez précisément où se trouve la morsure, ce qui est visible et si l’onduleur affiche une alerte. En présence de fumée ou de signes d’échauffement, éloignez-vous et appelez les secours. Pour une dégradation sans signe d’urgence, contactez l’installateur ou un électricien connaissant le photovoltaïque afin qu’il examine le câble, les connexions et la cause probable.
Réduire l’exposition des câbles
La prévention commence par le cheminement : demandez à l’installateur de fixer les longueurs libres, de limiter les boucles pendantes et d’éviter les passages où les câbles peuvent être atteints. Le Department of Energy américain recommande de router les fils pour éviter les dommages et assurer leur maintien ; il indique aussi que des câbles lâches peuvent frotter contre des surfaces et provoquer des défauts ([DOE, bonnes pratiques de gestion des câbles PV](https://www.energy.gov/cmei/femp/solar-photovoltaic-cable-management-best-practices-dc-string-cables)). Lors d’un contrôle ou d’une réparation, demandez au professionnel d’examiner également les sections voisines : une marque visible peut signaler un passage accessible ou un maintien insuffisant. Le cheminement doit être adapté à la configuration du toit et aux prescriptions du matériel. Après intervention, gardez le compte rendu avec les photos et l’emplacement du dommage ; cela facilitera un prochain contrôle sans avoir à manipuler soi-même les conducteurs.