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Recharge d’une voiture électrique : intégrer les pertes au bilan solaire

09.10.2026

Pour évaluer la part solaire d’une recharge, il faut regarder l’électricité prélevée au point de charge, et non seulement l’énergie qui finit dans la batterie. Les pertes de conversion expliquent l’écart ; un suivi des flux au compteur et un calcul à deux frontières évitent de surestimer l’énergie solaire stockée.

Deux quantités, deux frontières de mesure

Une recharge n’est pas un transfert sans pertes entre le compteur et la batterie. En courant alternatif, le véhicule convertit l’électricité avec son chargeur embarqué ; une partie de l’énergie est dissipée, notamment dans les équipements et la batterie. Le DOE publie un repère d’environ 16 % de pertes entre la prise murale et la batterie. Ce chiffre aide à comprendre l’ordre de grandeur, mais ne constitue pas une constante applicable à toutes les voitures, puissances, températures ou sessions. Pour un bilan photovoltaïque, séparez donc deux questions. Combien d’électricité la maison a-t-elle affectée à la recharge ? Et combien d’énergie a été stockée dans la batterie ? La première se mesure au point d’alimentation du véhicule ; la seconde correspond à l’énergie utile du véhicule, dont la mesure peut être moins directement accessible ou définie différemment par l’affichage de la voiture.

Un calcul concret sans confondre les pourcentages

Considérez un exemple de mesure, non une valeur type : le compteur dédié relève 11 kWh pour une session, tandis que le suivi du véhicule indique 10 kWh ajoutés à la batterie. L’écart, 1 kWh, représente l’énergie qui n’a pas été stockée sous cette forme ; il ne faut donc pas présenter les 11 kWh comme autant d’énergie utile dans la batterie. Pour calculer un rendement sur ces mesures, divisez l’énergie stockée par l’électricité prélevée : ici, 10 ÷ 11, soit environ 91 %. Le résultat dépend des deux instruments et de leurs frontières de comptage. Dans un vrai suivi, utilisez une mesure d’énergie au point de charge et, si elle existe, une donnée d’énergie batterie. Gardez les relevés sur la même session et la même période. Les courbes de recharge et les pertes électriques expliquent pourquoi un calcul théorique fondé uniquement sur puissance et durée peut différer de l’énergie effectivement reçue.

Distinguer les kWh solaires des kWh du réseau

Une charge faite en journée n’est pas automatiquement alimentée à 100 % par les panneaux : la maison consomme aussi, et la production varie. Pour attribuer une part solaire, comparez les données horodatées de production, de consommation du logement, d’import-export réseau et de recharge. Si le véhicule absorbe 4 kWh alors que le surplus photovoltaïque simultané n’est que de 2 kWh, les données ne justifient pas d’inscrire 4 kWh comme énergie solaire directe ; au mieux, 2 kWh ont été couverts par le surplus et le reste vient du réseau ou d’un autre flux. C’est un exemple de méthode, pas une mesure universelle. Veillez à ne pas additionner deux fois les mêmes kWh. Si le compteur de la maison voit déjà la recharge comme consommation locale, ne l’ajoutez pas une seconde fois au total d’autoconsommation. Pour attribuer précisément l’origine solaire, un compteur bidirectionnel au raccordement ou des relevés synchronisés de l’onduleur et de la borne sont plus utiles qu’un total mensuel isolé. Pour les comparaisons de coût, notez aussi équipement et heure de recharge, car ces paramètres peuvent modifier le coût résidentiel.

Présenter un bilan lisible et honnête

Dans un tableau mensuel ou annuel, conservez deux lignes : « électricité affectée à la recharge, mesurée au point de charge » et « énergie stockée dans la batterie, selon la donnée du véhicule ». Ajoutez une troisième ligne, si vos mesures le permettent, pour la part solaire directe et la part importée du réseau. La différence entre les deux premières lignes rend visibles les pertes de recharge ; elle ne doit pas être masquée ni soustraite du solaire autoconsommé en amont. Pour comparer les coûts, partez aussi des kWh réellement payés et de votre tarif au moment de la charge. Pour comparer des véhicules ou des mois, notez donc la période tarifaire et la frontière de mesure. Le chiffre de 16 % du DOE reste un repère publié en 2018, pas une garantie pour votre voiture : les mesures réelles de l’installation priment sur ce raccourci.

Sources

  1. U.S. Department of Energy, Transportation Technologies Office
  2. U.S. Department of Energy, Federal Energy Management Program
  3. U.S. Department of Energy, Alternative Fuels Data Center
  4. U.S. Department of Energy, Alternative Fuels Data Center