Recharge de nuit ou solaire : comparez avec vos tarifs réels
09.10.2026
Le bon choix dépend de vos prix au compteur, de vos heures creuses réellement attribuées et de la valeur du surplus solaire auquel vous renoncez. Voici une méthode pour calculer un coût au trajet sans confondre kWh solaire et électricité gratuite.
Commencez par le prix du kWh que vous payez vraiment
L’option heures pleines/heures creuses n’est pas automatiquement gagnante pour la voiture : comparez le prix de la recharge avec celui de votre option Base, mais aussi la part de vos autres usages qui peut réellement être déplacée. À titre de repère daté, la grille TTC du tarif réglementé publiée par la CRE pour le 1er février 2026 affiche, en 6 kVA, 20,65 c€/kWh en heures pleines et 15,79 c€/kWh en heures creuses ; l’option Base est à 19,40 c€/kWh. La part fixe indiquée est identique pour ces deux options en 6 kVA. Ce n’est qu’un repère : votre fournisseur peut avoir d’autres prix, et il faut utiliser ceux de votre contrat, taxes comprises. Exemple comparable, hors abonnement : pour 100 kWh consommés au total, dont 60 en heures pleines et 40 en creuses, la grille citée donne 18,74 € d’énergie (60 × 0,2065 € + 40 × 0,1579 €), contre 19,40 € au tarif Base. L’écart est modeste dans cet exemple ; si peu de consommation peut être déplacée en heures creuses, le résultat peut s’inverser une fois comparés les prix et abonnements de votre offre. Ces chiffres sont les tarifs de grille, pas une promesse d’économie.
Les heures creuses ne signifient pas forcément toute la nuit
Ne programmez pas la voiture en vous fiant à une ancienne plage horaire ou à celle d’un voisin. Enedis indique que les heures creuses restent au nombre de huit par jour ; dans la plupart des cas, au moins cinq heures consécutives sont entre 23 h et 7 h, et jusqu’à trois autres peuvent se trouver entre 11 h et 17 h. Vérifiez votre facture ou l’espace client du fournisseur pour les créneaux qui s’appliquent à votre contrat. Si la voiture est stationnée chez vous le jour, un créneau d’après-midi peut rendre l’option HC utile sans attendre la nuit.
Le solaire : comparez l’autoconsommation à la valeur du surplus
Un kWh solaire utilisé directement peut éviter un achat au réseau, mais il n’est pas nécessairement « gratuit » : si ce kWh aurait été vendu, le coût pertinent de la recharge est la recette à laquelle vous renoncez. Comparez donc, sur votre contrat, le prix évité du kWh acheté avec la rémunération nette du surplus injecté. Si le kWh aurait été injecté sans rémunération, l’autoconsommation évite potentiellement un achat ; si vous percevez un prix de vente, cette recette est une valeur d’opportunité à intégrer. Enedis indique que le surplus peut être revendu et que les tarifs dépendent notamment de la puissance de l’installation ; ne reprenez donc pas un tarif générique trouvé en ligne à la place de votre contrat. En pratique, faire fonctionner un usage programmable pendant le pic de production diurne augmente la part consommée sur place. Enedis recommande de déplacer les usages électriques vers ce pic ; pour la voiture, cela suppose qu’elle soit présente à domicile et que la recharge puisse suivre la production. Le réseau reste utile pour compléter quand les panneaux ne couvrent pas le besoin. Une recharge de nuit ne peut pas être alimentée directement par les panneaux sans stockage : dans ce cas, calculez-la au tarif réseau de la plage nocturne.
Ramenez les deux scénarios au coût de votre trajet
Relevez d’abord la consommation affichée par votre voiture ou son application pour les trajets concernés, en kWh/100 km. Pour une distance D, une consommation C et un prix p par kWh, le coût théorique est D ÷ 100 × C × p. Pour une recharge nocturne, p est votre prix HC effectif ; pour une recharge solaire, estimez les kWh effectivement absorbés pendant la production et valorisez-les à la recette de surplus à laquelle vous renoncez, puis ajoutez les kWh achetés au réseau au prix correspondant. Si vous ne connaissez pas encore la part solaire, commencez par comparer seulement les kWh mesurés au compteur, sans supposer que toute la session est solaire. Exemple de méthode, non de tarif universel : pour 50 km à 18 kWh/100 km, il faut 9 kWh théoriques. À 15,79 c€/kWh, le coût d’énergie serait 1,42 € ; à 20,65 c€, 1,86 €. Ces montants illustrent uniquement la grille CRE citée plus haut, avant pertes éventuelles de recharge et hors coûts fixes. Sur votre borne, votre véhicule et votre offre, remplacez les données par les valeurs réelles.
Faites le choix selon votre profil, puis vérifiez
La nuit est simple à programmer et peut convenir si votre contrat propose un HC avantageux, la voiture est branchée au bon créneau et vous n’avez pas de surplus solaire à valoriser. Le solaire en journée peut être plus intéressant si la voiture est disponible pendant la production et si la valeur du kWh autoconsommé dépasse celle du surplus que vous auriez vendu. Les deux peuvent se compléter : chargez en journée quand il y a production, puis complétez en heures creuses si le trajet le demande. Pour trancher, faites un relevé pendant quelques semaines : heures de branchement, kWh délivrés, part solaire autoconsommée, énergie soutirée et, le cas échéant, surplus injecté. Comparez ensuite le coût total par trajet selon votre facture et votre contrat d’achat du surplus. Recontrôlez les créneaux HC annoncés par le fournisseur : leur calendrier évolue progressivement et varie selon les clients. Le calcul est à refaire si votre offre, les tarifs ou vos habitudes changent.