Solaire au quotidienGuidesCalculateurs

Les panneaux solaires contiennent-ils des terres rares ?

09.10.2026

Pour les panneaux photovoltaïques courants, la réponse dépend de la technologie : le silicium, le tellurure de cadmium et les composés CIGS ne sont pas des terres rares au sens chimique. Le mot « rare » est souvent confondu avec « terre rare ».

La confusion vient du mot « rare »

Il faut distinguer deux idées. Une matière dite rare, critique ou stratégique n’est pas automatiquement une « terre rare ». Le DOE emploie ce dernier terme pour désigner les lanthanides, en y associant aussi le scandium et l’yttrium dans certains usages industriels. Argent, silicium, indium, gallium, tellure et cadmium sont des éléments différents : même s’ils peuvent soulever des questions d’approvisionnement, cela ne les transforme pas en terres rares. Cette différence de vocabulaire explique bien des affirmations trop générales sur les panneaux.

Dans le panneau au silicium, le matériau actif est du silicium

Le panneau photovoltaïque résidentiel le plus familier repose généralement sur des cellules au silicium cristallin. Le DOE décrit le silicium comme le semi-conducteur le plus courant dans les cellules solaires. Dans la chaîne de fabrication, des wafers de silicium sont transformés en cellules, puis assemblés dans un module. Il faut cependant distinguer la cellule du panneau entier : celui-ci comprend aussi des éléments structurels et de protection. La liste des matières entrant dans l’ensemble du module ne doit donc pas être confondue avec la composition de sa couche qui convertit la lumière.

Les technologies en couches minces ont d’autres éléments

Deux noms à reconnaître sont CdTe (tellurure de cadmium) et CIGS (cuivre, indium, gallium et sélénium). Le DOE décrit la filière CdTe comme une production qui affine le cadmium et le tellure avant de les déposer sur du verre; il précise que ces deux éléments sont des sous-produits des opérations minières du zinc et du cuivre. Ce sont des éléments qui ne font pas partie de la famille chimique des terres rares. De même, indium et gallium du CIGS ne sont pas des lanthanides. Il est donc plus exact de dire que ces technologies mobilisent certains métaux ou métalloïdes parfois qualifiés de rares ou critiques, plutôt que d’affirmer qu’elles contiennent des terres rares.

Comment vérifier la composition d’un modèle précis

Pour comparer deux panneaux, commencez par la fiche technique et cherchez la technologie de cellule : silicium cristallin, CdTe ou CIGS. Ensuite, séparez les composants du module des équipements autour de lui : onduleur, câbles et structure de montage ne sont pas la cellule photovoltaïque. Si votre question porte sur un métal particulier ou sur le recyclage, demandez au fabricant une déclaration de composition ou une information propre au modèle; une étiquette indiquant seulement la puissance ne donne pas le détail des éléments. Les matériaux et proportions exacts peuvent varier selon la conception et le procédé industriel : la seule mention « panneau solaire » ne suffit pas pour conclure.

En bref : non, pas au sens où on l’entend souvent

Pour les technologies courantes examinées ici, la matière active repose sur le silicium, le CdTe ou le CIGS, et non sur une terre rare comme constituant principal. Cela ne veut pas dire qu’un module est constitué d’un seul matériau, ni que toutes ses pièces sont exemptes d’éléments spécifiques. Pour le CdTe, le DOE indique qu’au déclassement plus de 90 % du module peut être recyclé; cette donnée illustre aussi pourquoi la composition doit se lire avec la technologie et la filière de fin de vie en tête. La réponse utile est donc : identifiez d’abord le type de cellule, puis vérifiez la fiche du produit concerné.

Sources

  1. U.S. Department of Energy
  2. U.S. Department of Energy
  3. U.S. Department of Energy
  4. U.S. Department of Energy