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P50 et P90 : lire la confiance d’une prévision solaire

09.10.2026

P50 et P90 ne sont pas deux promesses de production, mais des quantiles d’une distribution estimée. Leur écart dépend des hypothèses, des données et de l’incertitude retenue ; il faut aussi vérifier que la prévision porte bien sur une année.

Deux niveaux, une probabilité de dépassement

Dans une étude de productible, P50 et P90 désignent des quantiles de la distribution estimée de l’énergie. Le P50 est la valeur médiane : dans le modèle, la moitié des résultats se situe au-dessus et l’autre moitié en dessous. Le P90 est plus prudent : neuf résultats sur dix devraient atteindre ou dépasser cette valeur. Le « 90 » ne signifie donc pas que la centrale produira 90 % de son P50. Il indique une probabilité de dépassement associée à un niveau d’énergie.

Un exemple chiffré, sous hypothèse explicite

Supposons, à titre illustratif et non comme estimation d’un site réel, une production annuelle moyenne modélisée de 1 000 000 kWh et un écart-type de 80 000 kWh. Si la distribution est normale et centrée sur cette moyenne, le calcul indicatif du P90 donne 1 000 000 − 1,28 × 80 000, soit environ 897 600 kWh. Le P50 serait proche de 1 000 000 kWh dans cette hypothèse symétrique. Cet exemple montre pourquoi il faut lire la méthode statistique avec le chiffre : une autre distribution ou d’autres paramètres peuvent modifier le quantile.

Ce qui élargit l’écart entre P50 et P90

L’écart reflète l’incertitude retenue, pas une marge universelle à appliquer à toute installation. Elle peut combiner les variations d’ensoleillement d’une année à l’autre, les limites des modèles et de leurs paramètres, et les aléas de fonctionnement du système. Les données météo choisies, les hypothèses d’ombrage ou de pertes, ainsi que la manière de représenter la disponibilité comptent donc dans l’analyse. Deux études du même site peuvent annoncer des P90 différents sans qu’un simple écart suffise à trancher laquelle est la plus fiable.

Vérifier l’horizon avant de comparer

Le P90 présenté dans ce cadre concerne un rendement annuel, pas une garantie sur chaque mois, jour ou heure. Avant de comparer deux prévisions, vérifiez qu’elles portent sur le même horizon et le même périmètre : production AC ou DC, pertes incluses, disponibilité considérée, durée de vie ou année de référence. Un chiffre sans ces précisions peut donner une impression de comparabilité trompeuse.

Les questions utiles à poser

Demandez d’abord quelles données solaires et quelle période de référence alimentent la simulation. Faites préciser les principaux postes d’incertitude, les hypothèses de rendement et la façon dont ils sont combinés. Enfin, demandez si le P90 est calculé pour une année particulière ou pour une moyenne de long terme. Ce sont ces éléments qui permettent de comprendre si l’écart P50–P90 vient d’une forte variabilité estimée, d’informations limitées ou d’un choix de méthode. Le P90 est un outil de lecture du risque, pas une promesse contractuelle de production ni une prévision certaine pour l’année qui vient.

Sources

  1. PV Performance Modeling Collaborative (Sandia National Laboratories)
  2. PVsyst
  3. National Laboratory of the Rockies (NLR)