Microfissures : pourquoi un panneau peut sembler intact mais perdre en puissance
09.10.2026
Une microfissure se forme dans la cellule, sous les couches du module : une surface intacte ne suffit donc pas à l’exclure. Son effet électrique dépend du maintien des contacts et de leur évolution ; seule une inspection adaptée, mise en regard des mesures de puissance, permet de préciser le diagnostic.
Une surface intacte ne dit pas tout
Une microfissure concerne le silicium de la cellule, pas nécessairement le verre extérieur. Le panneau peut donc sembler intact lors d’un simple examen visuel, sans que cette observation suffise à conclure que ses cellules le sont aussi. L’IEA PVPS distingue l’inspection visuelle des méthodes d’imagerie ; il indique que les images par électroluminescence (EL) donnent accès aux microfissures et à d’autres défauts dans le matériau des cellules. Ce contrôle est ainsi plus adapté qu’un simple regard à la surface pour rechercher un défaut interne ([IEA PVPS, revue sur l’imagerie IR et EL](https://iea-pvps.org/key-topics/review-on-ir-and-el-imaging-for-pv-field-applications/), [IEA PVPS, revue des défaillances](https://iea-pvps.org/key-topics/review-of-failures-of-photovoltaic-modules-final/)).
Le contact électrique est la clé
Une ligne de fissure n’équivaut pas automatiquement à une cellule hors service. Tant que les pistes métalliques assurent une continuité électrique de part et d’autre de la fissure, des fragments de cellule peuvent encore contribuer à la production. Le problème apparaît si ce pont conducteur se dégrade : des mouvements répétés des fragments peuvent user la métallisation qui les relie. Autrement dit, l’aspect de la fissure ne permet pas, à lui seul, de déduire la perte de puissance. Ce mécanisme est décrit dans une étude sur le comportement de cellules fissurées ([article de recherche conservé par le DOE/OSTI](https://www.osti.gov/pages/servlets/purl/1872072)).
Pourquoi l’effet peut évoluer
Les contraintes mécaniques et les variations thermiques auxquelles un module est exposé peuvent faire évoluer le contact, plutôt que provoquer une baisse immédiatement visible au moment où la fissure apparaît. Le déplacement des fragments peut fatiguer la métallisation qui les relie. Ce mécanisme explique pourquoi un module encore productif à un moment donné mérite d’être surveillé si une anomalie apparaît ensuite ; il ne permet pas, à lui seul, de prévoir la date ou l’ampleur d’une éventuelle perte. Le comportement dépend de l’état réel du contact, pas seulement de la présence d’une marque ([étude sur les cellules fissurées, manuscrit accessible via OSTI](https://www.osti.gov/pages/servlets/purl/1872072)).
Pas de pourcentage déductible à l’œil
Il n’existe pas de pourcentage fiable à appliquer à toute installation à partir de la seule présence d’une microfissure. Le maintien du contact électrique et son évolution comptent davantage que le simple constat d’une ligne. Une étude a examiné dix modules installés à Huddersfield, mais un échantillon de cette taille ne permet pas de transformer un résultat de recherche en règle générale pour un autre panneau. La bonne question n’est donc pas « combien de watts une microfissure fait-elle perdre en moyenne ? », mais « ce module présente-t-il un défaut électrique mesurable et évolutif ? » ([notice de l’étude dans la base de recherche de l’Université de York](https://pure.york.ac.uk/portal/en/publications/effect-of-micro-cracks-on-photovoltaic-output-power-case-study-ba/)).
Quelle inspection demander
Commencez par consigner les alertes de l’onduleur et la production sur plusieurs jours, puis comparez les périodes où l’ensoleillement est comparable : une variation météo isolée ne permet pas d’attribuer une baisse à une cellule. Si l’écart persiste, demandez à un professionnel de croiser une inspection par électroluminescence avec des mesures électriques, notamment les caractéristiques courant-tension. L’IEA PVPS décrit ces méthodes comme des outils de détection et de diagnostic complémentaires. Une photo ordinaire du panneau ne remplace donc pas ces examens ; ne démontez pas le module et ne tentez pas de le mettre sous tension pour réaliser vous-même un contrôle EL ([IEA PVPS, revue des méthodes de détection](https://iea-pvps.org/key-topics/review-of-failures-of-photovoltaic-modules-final/), [IEA PVPS, imagerie EL](https://iea-pvps.org/key-topics/review-on-ir-and-el-imaging-for-pv-field-applications/)).