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Mairie équipée de photovoltaïque : mesurer le surplus du week-end

09.10.2026

Comparer les courbes de consommation des jours ouvrés et du week-end aide une commune à repérer les heures où sa production solaire risque de dépasser ses besoins, puis à étudier un partage local ou la vente du surplus.

Le week-end, un autre profil à vérifier

Une toiture photovoltaïque produit surtout lorsque le soleil est disponible ; or l’activité d’une mairie ne suit pas nécessairement ce rythme. Les bureaux peuvent être occupés en semaine, tandis que certains locaux sont peu utilisés le samedi ou le dimanche. Cette différence est une hypothèse à vérifier pour chaque commune, pas une règle universelle : une salle louée, un marché, un équipement sportif ou une cérémonie peuvent modifier la demande. La bonne comparaison porte donc sur les courbes réelles, et non sur la seule consommation annuelle. Enedis demande d’étudier les modes de consommation des participants avant de dimensionner la production ; dans une opération collective en service, le gestionnaire relève ensuite les courbes de charge de consommation et de production ([étapes de projet Enedis](https://www.enedis.fr/collectivite-comment-monter-un-projet-dautoconsommation-collective) ; [fonctionnement Enedis](https://www.enedis.fr/produire-consommer-son-electricite)).

Comparer des périodes réellement comparables

Pour préparer la décision, demandez les données de consommation à un pas de temps assez fin pour distinguer les heures de présence et d’inoccupation. Séparez au minimum les jours ouvrés, le samedi et le dimanche, puis examinez plusieurs saisons : une journée d’hiver et une journée d’été ne présentent pas le même potentiel de production. Repérez les usages qui restent actifs hors ouverture — par exemple, ventilation, serveurs, réfrigération ou éclairage de sécurité — en les vérifiant sur les compteurs et auprès des services concernés. Ce tri transforme une moyenne abstraite en questions concrètes : à quelles heures la production prévue coïncidera-t-elle avec une consommation municipale ? Le creux du week-end concerne-t-il tout le patrimoine ou seulement la mairie ? Cette méthode découle de l’étude des modes de consommation préalable recommandée par Enedis ; elle ne remplace ni une étude énergétique ni une simulation de production propre au site.

Un exemple de lecture, sans promesse de rendement

Prenons un scénario entièrement fictif : un dimanche ensoleillé, l’installation produirait 100 kWh sur la journée, tandis que les bâtiments municipaux n’en utiliseraient que 35 au même moment. Dans cette illustration, les 65 kWh restants constituent un excédent potentiel à traiter, sous réserve des mesures réelles et des règles de comptage applicables. Le lundi, si l’activité augmente pendant les heures solaires, une part plus importante pourrait coïncider avec les besoins ; rien ne permet toutefois de conclure sans profils mesurés. Le point essentiel est la simultanéité : une consommation le soir ne compense pas automatiquement une production excédentaire à midi. Pour une comparaison exploitable, confrontez production et demande au même pas de mesure, puis calculez séparément l’énergie utilisée sur place, celle qui manque et celle qui reste disponible.

Traiter le surplus avant de surdimensionner

Si la mairie ne peut absorber le surplus du week-end, plusieurs pistes méritent une étude : adapter certains usages à la période solaire lorsqu’ils peuvent être déplacés sans gêne, réduire la puissance prévue, ou rechercher des consommateurs municipaux voisins dont les besoins coïncident avec la production. Une opération d’autoconsommation collective permet de partager localement l’électricité avec d’autres sites participants ; l’ADEME conseille de la construire progressivement, en pouvant commencer par le patrimoine de la collectivité avant de l’élargir ([guide pratique de l’ADEME](https://librairie.ademe.fr/energies/7854-autoconsommation-collective-photovoltaique-guide-pratique-a-l-attention-des-collectivites-territoriales.html)). Le partage nécessite des règles de répartition. Enedis propose notamment une clé dynamique, qui évolue à chaque pas de mesure de la courbe de charge. Il faut donc vérifier si les profils des bâtiments partenaires absorbent réellement le creux du week-end, au lieu de supposer qu’un collectif règle automatiquement le problème. Le surplus non consommé par les participants peut, sous les modalités applicables au projet, être vendu à un fournisseur d’énergie ([étapes Enedis](https://www.enedis.fr/collectivite-comment-monter-un-projet-dautoconsommation-collective) ; [coûts et recettes](https://www.enedis.fr/collectivite-combien-coute-et-rapporte-lautoconsommation-collective)).

La décision à prendre en conseil municipal

Avant de comparer des devis, réunissez trois éléments : les courbes des bâtiments candidats, un calendrier d’occupation incluant les week-ends et une estimation horaire de la production. Puis faites chiffrer plusieurs scénarios de puissance et de valorisation du surplus. Une installation plus grande n’est pas automatiquement préférable si sa production excède souvent les besoins disponibles ; à l’inverse, une mairie n’a pas à renoncer au solaire parce que ses bureaux ferment le dimanche, si d’autres usages ou participants peuvent être mobilisés. La décision doit aussi préciser qui organisera le partage, comment les participants seront associés et comment sera suivi le surplus après mise en service. Enedis recommande l’évaluation des besoins et un dimensionnement fondé sur les consommations ; le guide ADEME rappelle que l’autoconsommation collective est un outil complexe à déployer de manière adaptée. Les résultats dépendent du profil réel, de la configuration technique et des modalités économiques du projet : aucune économie ni taux d’autoconsommation ne peut être déduit du seul contraste entre semaine et week-end.

Sources

  1. Enedis
  2. Enedis
  3. ADEME
  4. Enedis