Comment intégrer un masque d’horizon dans une étude solaire
08.10.2026
Un masque d’horizon décrit, direction par direction, l’élévation du relief visible depuis un site. Voici comment le préparer, l’appliquer à l’irradiation et en vérifier les limites.
À quoi sert un masque d’horizon ?
Un masque d’horizon est une ligne de crête angulaire : pour chaque direction, il indique à quelle hauteur apparente le relief coupe le ciel. Le calcul compare ensuite cette limite à la position du soleil. Lorsque le soleil reste sous la crête, son faisceau direct n’atteint pas le site ; l’irradiation reçue n’est pas pour autant nulle, car le ciel peut encore fournir un rayonnement diffus. C’est précisément cette différence qui rend le masque utile pour une étude solaire en terrain vallonné.
Choisir entre profil calculé et relevé du site
Commencez par localiser précisément le point étudié : un masque doit correspondre au lieu où se trouvent les modules, pas seulement à la commune. Un profil numérique de terrain est une bonne première estimation des ombres lointaines dues aux collines et aux montagnes. Dans PVGIS, le terrain est décrit à environ 90 m de résolution. Ce niveau convient à une lecture du relief à grande échelle, mais peut lisser une crête étroite ou ignorer des obstacles proches ; ne l’interprétez donc pas comme un relevé détaillé du toit ou du jardin.
Construire le profil angulaire
Pour chaque azimut, relevez l’angle entre l’horizontale locale et le sommet apparent du relief. Un angle de zéro signifie que l’horizon est au niveau de l’horizontale ; une valeur positive signale une crête qui monte dans le champ de ciel. L’important est de conserver une convention unique et de l’appliquer à toutes les mesures. L’API PVGIS attend un ordre commençant au nord et progressant dans le sens horaire : son exemple associe les premières valeurs au nord, au nord-est puis à l’est. Une liste mal orientée ferait attribuer un masque occidental à un relief oriental.
Intégrer le masque à l’étude
Dans une interface de calcul, activez la prise en compte de l’horizon ou importez le profil personnalisé si l’outil le permet. Pour une chaîne de calcul, vérifiez le format demandé avant de fournir les angles : le pas entre directions et l’azimut de départ doivent être ceux attendus par le logiciel. Ensuite, comparez les résultats avec et sans masque, en conservant la même période météorologique, inclinaison et orientation des panneaux. Cette comparaison isole l’effet estimé du relief plutôt que de mélanger plusieurs changements de paramètres.
Lire l’effet sur l’irradiation
Un profil haut à l’est peut retarder l’arrivée du soleil direct le matin ; une crête à l’ouest peut en avancer la disparition en fin de journée. L’effet annuel dépend aussi de la trajectoire saisonnière du soleil : un même obstacle peut compter davantage lorsque le soleil est bas. Examinez donc les courbes ou résultats mensuels, pas seulement un total annuel. Le masque agit sur la part du ciel occultée par le relief ; il ne décrit ni la nébulosité ni, à lui seul, toutes les pertes électriques d’une installation.
Contrôler les limites avant de conclure
Avant de retenir une estimation, superposez le profil calculé à une observation du site, une photographie panoramique ou un relevé de terrain adapté. Vérifiez notamment le point d’observation, le nord de référence, les directions de crête et les ruptures brusques du profil. Si un arbre, une cheminée ou un bâtiment crée une ombre importante, traitez-le séparément dans l’étude : une grille de relief d’environ 90 m ne peut pas être supposée le représenter. Le masque constitue ainsi une entrée traçable pour modéliser l’ombrage lointain, non une garantie de précision absolue.