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Injection solaire en triphasé : comprendre la répartition entre phases

09.10.2026

En triphasé, le compteur Linky mesure les puissances phase par phase mais établit le sens global des échanges en additionnant les trois phases. Comprendre cette différence aide à lire une injection solaire et à préparer un raccordement équilibré.

Trois phases, deux lectures différentes

En triphasé, les panneaux ne se résument pas à une production « répartie partout » sans autre précision. Il faut distinguer la puissance instantanée sur chaque phase de la mesure globale au point de raccordement. Dans sa spécification de télé-information Linky, Enedis indique que les grandeurs sont calculées phase par phase toutes les secondes. Pour le sens global de l’échange, le compteur additionne ensuite les puissances actives P1, P2 et P3 : un total positif correspond au soutirage, un total négatif à l’injection. [La spécification Enedis de la télé-information Linky](https://www.enedis.fr/media/2035/download) décrit cette convention.

Un exemple pour lire le signe du compteur

Prenons un instant donné et des valeurs simplifiées, exprimées selon la convention de signe du compteur : la phase 1 injecte 1,2 kW (P1 = −1,2 kW), tandis que les phases 2 et 3 soutirent respectivement 0,7 et 0,3 kW. La somme vaut −0,2 kW : le bilan triphasé est donc une injection nette à cet instant, même si deux phases soutirent. Si la somme avait été positive, le bilan total aurait été un soutirage. Ce calcul explique pourquoi l’observation d’une seule phase ne suffit pas à conclure sur l’import ou l’export global. Il s’agit d’un exemple arithmétique, pas d’une promesse sur les index de facturation ou sur chaque période de mesure.

Le comptage net n’est pas un équilibrage des circuits

Le résultat global du compteur ne signifie pas qu’un appareil raccordé à une phase reçoit physiquement l’électricité produite sur une autre phase de l’installation intérieure. Le compteur mesure des flux sur chacune des phases puis en calcule le bilan global ; la lecture d’un bilan net est une règle de comptage, pas un déplacement des circuits domestiques. Pour l’autoconsommation immédiate, la production alimente les appareils qui fonctionnent au moment où les panneaux produisent, comme l’explique [Enedis sur l’autoconsommation sans injection](https://www.enedis.fr/autoconsommer-la-totalite-de-lenergie-produite-par-vos-panneaux). Ainsi, mieux répartir les usages sur les phases peut rester utile pour l’installation, même lorsque le Linky indique un bilan global net.

Pourquoi l’installateur parle de répartition

La puissance déclarée pour le raccordement n’est pas simplement la puissance crête inscrite sur les panneaux : Enedis distingue la puissance installée et la puissance de raccordement. Dans le dossier de raccordement photovoltaïque pour les installations de plus de 36 kVA, il faut joindre un schéma unifilaire qui précise notamment la répartition des onduleurs par phase. [Le formulaire Enedis pour ces projets](https://www.enedis.fr/media/1976/download) permet donc de décrire comment l’installation est raccordée, plutôt que de supposer un partage égal par défaut. Pour un projet concret, l’installateur peut vérifier le schéma, la puissance maximale de l’onduleur et la cohérence des valeurs de phase avant la demande. Enedis recommande aussi de remplir le formulaire destiné aux demandes jusqu’à 36 kVA hors photovoltaïque avec obligation d’achat avec l’aide de l’installateur. [Ce formulaire de raccordement](https://www.enedis.fr/media/1947/download) présente les champs déclaratifs correspondants.

Ce qu’il faut vérifier chez soi

Pour comprendre une injection solaire triphasée, commencez par relever le type de raccordement, le modèle et le type d’onduleur, puis consultez les mesures disponibles : puissances instantanées par phase et bilan total ne répondent pas à la même question. Comparez les valeurs au même moment, car une mesure par phase isolée ne permet pas de reconstituer un bilan à un autre instant. Enedis indique dans la documentation TIC que la puissance active totale est la somme P1 + P2 + P3 ; ses dossiers de raccordement demandent également de décrire l’organisation des onduleurs ou de la puissance par phase. Ne modifiez pas le câblage ou le paramétrage d’un onduleur sur la seule base d’un écran de suivi : faites contrôler les raccordements et protections par un professionnel qualifié. Les documents cités décrivent le comptage et les informations à fournir lors du raccordement ; ils ne fixent pas une règle universelle imposant des puissances égales sur les trois phases pour toute installation résidentielle.

Sources

  1. Enedis
  2. Enedis
  3. Enedis
  4. Enedis