Deux versants est-ouest : comprendre le profil de production
08.10.2026
Une toiture à deux pans est-ouest ne déplace pas seulement les panneaux : elle répartit la production entre matin et après-midi. Voici comment lire cette courbe, la confronter aux usages du logement et vérifier les hypothèses pour son adresse.
Une toiture à deux pans, deux fenêtres solaires
Quand le faîtage suit approximativement l’axe nord-sud, les deux pans regardent vers l’est et l’ouest. Le soleil se déplace d’est en ouest : le pan oriental reçoit donc plus directement la lumière en début de journée, tandis que le pan occidental prend davantage le relais plus tard. La production de chaque pan suit sa propre exposition ; additionnées, les deux contributions donnent souvent une courbe plus large, moins concentrée autour du milieu de journée qu’un champ de panneaux tourné dans une seule direction. Il ne faut pas imaginer deux bosses nettes à heures fixes. Leur forme dépend de la saison, des nuages, de l’inclinaison, de l’azimut réel des pans et des ombres. Pour visualiser le principe, PVGIS appelle « profil quotidien » la série horaire moyenne de rayonnement d’un mois donné. Ses paramètres permettent de préciser l’inclinaison et l’orientation d’une surface fixe. [Le guide PVGIS du JRC](https://joint-research-centre.ec.europa.eu/photovoltaic-geographical-information-system-pvgis/using-pvgis-5/pvgis-5-tools/daily-radiation_en) explique ce profil et les données qu’il rassemble.
Plus étalée ne veut pas dire plus d’énergie
L’intérêt principal d’une orientation est-ouest est le déplacement dans le temps : un versant contribue plus tôt, l’autre plus tard. La puissance instantanée maximale peut être moins concentrée, mais la production annuelle ne se déduit pas de la seule forme de la courbe. Elle dépend aussi du lieu, des pans, de l’inclinaison, des ombres et de la conception électrique. Les systèmes bifaciaux verticaux est-ouest sont un cas particulier : l’IEA PVPS indique qu’ils peuvent élargir la période de production et mieux correspondre aux profils de charge typiques. Cette observation ne se transpose pas automatiquement à toute toiture inclinée ni à tout module. [La présentation de l’IEA PVPS sur les systèmes bifaciaux](https://iea-pvps.org/events/bifacial-photovoltaic-two-sides-are-better-than-one/) précise le contexte. Pour une comparaison utile, gardez la même adresse, la même puissance installée et les mêmes hypothèses de pertes, puis comparez les orientations et inclinaisons correspondant réellement aux pans. Le JRC présente PVGIS comme un outil fournissant des informations de rayonnement et de performance photovoltaïque par lieu ; ses données horaires récentes couvrent 2013-2024 dans la version 6. [La présentation de PVGIS par le JRC](https://photovoltaic-geographic-information-system.ec.europa.eu/en/about-pvgis-6) décrit les données et signale que PVGIS 6 est en version bêta.
Relier la courbe aux heures où la maison consomme
Imaginez un foyer qui utilise peu d’électricité au milieu de la journée, mais davantage au petit-déjeuner et en fin d’après-midi. Une répartition est-ouest peut rapprocher une partie de la production de ces deux périodes : le pan est commence à contribuer plus tôt, et le pan ouest prolonge l’apport lorsque le soleil a tourné. En revanche, si les gros usages sont programmés à midi, une courbe très étalée n’est pas forcément un avantage. Et la production du soir reste liée à l’ensoleillement : elle ne couvre pas les heures sans soleil. L’autoconsommation correspond à la part de l’électricité solaire utilisée localement ; l’autosuffisance mesure plutôt la part des besoins couverte par cette production. Ce sont deux questions différentes, comme le rappelle l’[IEA PVPS dans sa méthodologie sur l’autoconsommation](https://iea-pvps.org/key-topics/iea-pvps-a-methodology-for-the-analysis-of-pv-self-consumption-policies-2016/). Une courbe plus favorable à certains usages peut donc améliorer l’adéquation instantanée sans rendre un logement autonome.
Une comparaison concrète avant de choisir
Commencez par noter les usages réguliers et leurs horaires : cuisson, eau chaude, lave-linge, recharge d’un véhicule, présence en journée. Demandez ensuite des simulations avec les mêmes hypothèses de puissance et de pertes pour les deux pans réunis, puis pour une configuration alternative si le toit le permet. Regardez séparément l’énergie produite et la répartition horaire ; un total annuel seul masque les moments où production et consommation se croisent. Pour un premier repérage, comparez dans PVGIS plusieurs azimuts et inclinaisons à l’adresse du logement, en examinant différents mois plutôt qu’une seule journée. Le profil « Daily radiation » est une moyenne mensuelle du rayonnement, pas la promesse de production exacte d’une installation ni un relevé de votre toit. Il faut encore tenir compte des ombres proches, de l’état réel des modules, de l’onduleur et des pertes. La décision se prend donc à partir d’une simulation de production et, idéalement, d’un profil de consommation du foyer ; le seul mot « est-ouest » ne suffit pas à prédire le taux d’autoconsommation.