Compatibilité électromagnétique : que demander pour une installation solaire
08.10.2026
La conformité CEM d’un onduleur et la qualité de sa pose sont deux sujets distincts. Voici les documents à demander, les précautions utiles et les bons réflexes si la radio ou la télévision est perturbée.
CEM : l’onduleur compte, mais la pose aussi
La compatibilité électromagnétique (CEM) désigne l’aptitude des appareils à fonctionner sans provoquer de perturbations excessives ni être indûment perturbés. La directive européenne CEM vise les émissions et l’immunité des équipements. Pour une installation solaire, l’onduleur est le point de conversion électrique à documenter : la norme IEC 62920:2017+A1:2021 traite précisément des exigences et essais CEM des équipements de conversion pour le photovoltaïque. Elle couvre des équipements raccordés au réseau comme des systèmes autonomes. Mais un matériel conforme ne garantit pas, à lui seul, une pose irréprochable. La Commission européenne distingue les appareils des installations fixes et mentionne pour ces dernières l’application de bonnes pratiques d’ingénierie. Il faut donc demander à la fois des preuves sur le modèle d’onduleur et une explication de la façon dont ses câbles et accessoires seront installés.
Quels justificatifs demander avant de signer ?
Demandez à l’installateur, par écrit, la référence exacte de l’onduleur (marque, modèle et variante), sa déclaration UE de conformité et les textes ou normes CEM qu’elle cite. Demandez aussi, si disponible, le rapport d’essai ou un résumé du dossier technique correspondant au modèle proposé. La norme IEC 62920 est une référence pertinente pour le matériel de conversion photovoltaïque ; vérifiez cependant que le document fourni porte bien sur l’équipement prévu, pas sur une autre gamme ou un composant ressemblant. Le terme « certification » peut être employé de façon vague dans un devis ou une brochure. Demandez ce qui a effectivement été évalué, selon quelle référence, par qui, et si le document est une déclaration du fabricant ou une attestation tierce. La conformité CEM du produit et les règles de raccordement électrique sont des sujets voisins, mais ne prouvent pas les mêmes choses. Une déclaration ou un marquage ne constitue pas une garantie absolue d’absence de parasite dans toutes les configurations réelles.
Faire préciser les mesures de pose
Faites inscrire au devis les mesures prévues pour le cheminement des câbles continus et alternatifs, leur séparation des câbles d’antenne ou de communication, le raccordement des conducteurs de protection et le respect des instructions du fabricant. Ce sont des questions concrètes à poser à l’installateur, pas une liste de distances universelles : les consignes dépendent du matériel, du bâtiment et du schéma électrique. Demandez également où seront placés l’onduleur et les éventuels optimiseurs, et comment l’installateur procédera si un appareil radio proche subit une perturbation. Conservez le devis, les notices, la déclaration de conformité, les références des appareils livrés et le procès-verbal de mise en service. En cas de souci, ces éléments permettent d’identifier l’équipement installé et de décrire le câblage à l’entreprise sans se fier à un souvenir approximatif.
Les chiffres de surveillance ne prédisent pas votre installation
Une campagne européenne de surveillance du marché publiée sur des onduleurs et optimiseurs solaires raccordés au réseau a évalué 55 produits en 2014 ; le rapport indique que 5, soit 9 %, furent jugés conformes dans l’ensemble de l’évaluation. Ce résultat historique illustre l’intérêt de demander des pièces précises plutôt que de se contenter d’une formule commerciale. Il ne décrit pas les équipements vendus aujourd’hui : l’échantillon date de 2014 et ne doit pas être extrapolé au marché actuel ni au modèle posé chez vous.
Si la radio ou la télévision est perturbée
Notez le service affecté, les horaires, les conditions de fonctionnement de l’installation solaire et le moment où la gêne apparaît. Sans ouvrir ni modifier un équipement électrique, comparez ces observations avec l’installateur : une coïncidence temporelle est un indice à examiner, pas une preuve que l’onduleur est responsable. Demandez-lui un diagnostic et, si nécessaire, l’intervention d’un professionnel compétent. Ne débranchez pas vous-même les circuits photovoltaïques : ils peuvent rester sous tension en journée. L’ANFR indique qu’avant une demande d’intervention, la personne perturbée doit s’assurer que ses propres équipements ne sont pas en cause. Ses procédures dépendent du service ou de la fréquence touchée ; décrivez donc clairement le problème et consultez sa page de demande avant de déposer un signalement. En résumé : identifiez précisément l’onduleur, obtenez ses justificatifs CEM, faites préciser la pose et gardez une trace utile si un brouillage survient.