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Busbars et interconnexions : ce qu’ils changent dans un panneau

08.10.2026

Le concept multi-busbar décrit par Fraunhofer emploie douze à quinze fils ronds pour interconnecter les cellules, au lieu de quelques rubans dans les architectures classiques. Cette différence aide à comprendre pourquoi le nombre de conducteurs ne suffit pas, à lui seul, à juger un panneau.

Le busbar, une voie de collecte au sein de la cellule

Sur une cellule solaire, les grilles métalliques conduisent les charges vers les contacts de collecte. Les busbars sont ces voies de collecte plus marquées; les conducteurs d’interconnexion relient ensuite les contacts des cellules dans le circuit du module. Il faut donc distinguer la métallisation d’une cellule du ruban ou du fil qui la raccorde à la suivante. Pour les cellules à hétérojonction décrites dans un article technique consacré à leur métallisation, les grilles sont déposées par sérigraphie sur l’oxyde conducteur transparent. (f1)

Ce que change le multi-busbar

Remplacer quelques rubans par un réseau de fils multiples modifie la géométrie des contacts et la façon dont les liaisons répartissent le courant et les contraintes. Cela ne signifie pas qu’un panneau sera forcément plus puissant ou plus durable : le résultat dépend de la cellule, des matériaux et de l’assemblage. Une étude de 2022 a comparé trois conceptions d’interconnexion par simulation en comptant les cycles de fatigue-fluage. Dans les configurations modélisées, le MBB affichait jusqu’à 15 % de durée de vie supplémentaire par rapport au ruban conventionnel et au ruban capteur de lumière. Ce chiffre est le résultat d’une comparaison de modèles, pas une garantie de durée de vie pour un module installé. (f2)

La qualité d’assemblage reste déterminante

Les conducteurs ne sont pas seulement des chemins électriques : ils sont liés aux contacts par un procédé qui doit tenir dans le temps. Les contraintes thermiques, le matériau de contact et la compatibilité avec la pâte de métallisation sont donc aussi importants que la forme du conducteur. Les cellules à hétérojonction fournissent un exemple utile de cette dépendance : leur température de polymérisation est limitée, et l’étude consultée indique une adhésion plus faible après soudage pour la pâte basse température. Autrement dit, une architecture ne se compare pas hors de son procédé de fabrication. Ce cas concerne la technologie étudiée et ne doit pas être généralisé à toutes les cellules. (f3)

Comment comparer deux panneaux

Pour un choix pratique, ne vous arrêtez pas au nombre de busbars ou de fils annoncé. Cherchez plutôt des données portant sur le module complet : technologie de cellule, configuration d’interconnexion, conditions d’essai et éventuels résultats de vieillissement. Demandez si un chiffre vient d’une simulation ou d’essais physiques, et s’il concerne la même conception que le produit proposé. L’étude citée compare des familles précises d’interconnexions et s’appuie sur la fatigue-fluage; ses résultats éclairent un mécanisme, sans résumer à eux seuls la fiabilité sur toiture. Cette distinction entre principe de conception et résultat produit est essentielle pour éviter de transformer une tendance d’ingénierie en promesse commerciale. (f4)

Sources

  1. Fraunhofer Institute for Solar Energy Systems ISE
  2. Microelectronics Reliability (via LJMU Research Online)
  3. Photovoltaics International / PV-Tech