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Bifacial vertical est-ouest : comprendre les deux pics de production

09.10.2026

Le profil d’une rangée bifaciale verticale est-ouest déplace une part de la production vers le matin et le soir. Pour savoir si cette forme de courbe est avantageuse, il faut la comparer aux usages du site, aux ombres et au total annuel.

Lire la courbe plutôt que le seul maximum

Le montage vertical est-ouest place une face vers l’est et l’autre vers l’ouest. La lumière directe favorise successivement chaque face au cours de la journée ; la courbe attendue présente donc deux fenêtres de production, plutôt qu’un maximum concentré autour de midi. L’étude de terrain coréenne examinée ici a d’ailleurs comparé horaires de pointe et production totale, ce qui rappelle qu’un pic de puissance et une énergie cumulée répondent à deux questions différentes. Ne supposez pas que les deux pics sont identiques ou qu’ils se produiront aux mêmes heures chaque jour. Nuages, ombrage sur l’horizon, saison, latitude, espacement des rangées et environnement réfléchissant la lumière influencent la courbe. Un arbre à l’est peut affaiblir le démarrage du matin ; une rangée ou un relief à l’ouest peut réduire la production tardive.

Deux pics ne signifient pas forcément plus de kilowattheures

La comparaison doit distinguer la puissance maximale, les heures de production et l’énergie annuelle. Un système peut avoir des pointes moins élevées à midi et répartir davantage son énergie sur les heures matinales et tardives, sans pour autant produire plus sur l’année. Dans une étude de terrain en Alaska, les auteurs ont observé une production annuelle presque identique entre des modules bifaciaux verticaux est-ouest et des modules bifaciaux inclinés vers le sud, mais des profils temporels différents. C’est un résultat propre à leur configuration et à leur site, pas une garantie pour un toit ou un terrain français.

Modèles de réseau : un résultat sous conditions

Une présentation de HTWK Leipzig rapporte une simulation du système énergétique allemand à l’horizon 2030 où une large part de nouvelles installations verticales est associée à plus de 10 Mt de CO₂ évitées par an dans un scénario sans stockage supplémentaire. Ce résultat concerne un modèle de système électrique et dépend de ses hypothèses ; il ne prédit ni le rendement d’un projet particulier ni son économie. La valeur d’un profil décalé dépend aussi de la demande locale, de l’électricité exportée, des moyens de flexibilité disponibles et des limites de raccordement.

Une méthode pratique pour comparer les options

Avant de retenir une orientation, demandez une simulation horaire du site et mettez-la en regard d’une courbe de consommation réelle. Comparez au moins une année complète, et examinez séparément l’été et l’hiver : les horaires utiles ne sont pas les mêmes toute l’année. Vérifiez les ombres basses à l’est et à l’ouest, l’espacement des modules et les pertes électriques ; demandez aussi quelles hypothèses sont prises pour la lumière reçue par la face arrière. Pour un bâtiment occupé en journée, une production davantage décalée peut réduire la coïncidence avec certains usages. Pour une activité qui consomme tôt le matin ou en fin de journée, elle peut mériter davantage d’attention. Dans les deux cas, comparez l’énergie annuelle, les pointes horaires et la part consommée sur place, à capacité installée et conditions clairement indiquées. Le critère utile n’est pas seulement « combien produit le panneau ? », mais « quand produit-il par rapport aux besoins ? ».

Sources

  1. HTWK Leipzig
  2. PSE Community (Pike et al., Energies)
  3. IDEAS/RePEc (Lee et al., Energies abstract)