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Un ballon d’eau chaude peut-il servir de stockage solaire thermique ?

09.10.2026

Oui : un ballon électrique peut absorber une partie du surplus photovoltaïque en chauffant l’eau, puis restituer cette chaleur lors d’un puisage. Ce stockage est thermique, non électrique, et sa capacité utile dépend du volume, de l’écart de température et de la façon dont l’eau reste exploitable.

Oui, à condition de parler de stockage de chaleur

Un ballon électrique peut contribuer à valoriser le surplus photovoltaïque : au lieu d’envoyer toute la production excédentaire vers le réseau, on utilise une partie de l’électricité au moment où elle est produite pour chauffer l’eau. Enedis cite explicitement le ballon d’eau chaude parmi les appareils pouvant être alimentés directement par l’électricité photovoltaïque autoconsommée. Ce n’est toutefois pas une batterie. L’électricité est transformée en chaleur par la résistance du chauffe-eau ; ce qui reste disponible plus tard, c’est de l’eau chaude, pas des kilowattheures électriques qu’on pourrait réaffecter à un autre appareil. Il faut aussi distinguer ce montage du solaire thermique au sens strict : l’INES décrit les installations solaires thermiques comme utilisant des capteurs thermiques associés à un ballon. Ici, les panneaux photovoltaïques produisent d’abord de l’électricité, qui chauffe ensuite l’eau. Le document Enedis/SéQuélec mentionne d’ailleurs le stockage de l’énergie produite pour l’utiliser plus tard : dans le cas du ballon, cette réserve est sous forme de chaleur.

Le principe pratique : chauffer quand le surplus existe

Le ballon ne peut absorber du surplus que lorsque celui-ci apparaît et que l’eau peut encore être chauffée. En pratique, l’intérêt dépend donc du décalage entre la production solaire et les puisages : un foyer qui consomme de l’eau chaude après les heures de production peut conserver une partie de l’énergie sous forme de chaleur. À l’inverse, chauffer un ballon déjà chaud ou inutilement grand n’apporte pas de bénéfice au foyer. Le pilotage doit faire correspondre la chauffe à la production disponible, plutôt que simplement lancer une chauffe fixe en pleine journée. Selon le matériel déjà installé, il peut falloir un système de commande compatible et un raccordement adapté. Avant modification, faire vérifier par un électricien ou un installateur que la résistance, la régulation et les protections du chauffe-eau conviennent ; ne pas neutraliser une sécurité ni relever arbitrairement une consigne.

Estimer l’énergie stockable avec un exemple

Pour obtenir un ordre de grandeur, on peut utiliser la relation de capacité thermique de l’eau : environ 1,16 Wh par litre et par degré d’écart. À titre d’illustration, un ballon de 200 litres chauffé de 15 °C à 55 °C emmagasinerait idéalement 200 × 40 × 1,16 Wh, soit environ 9,3 kWh de chaleur. Ce chiffre est un calcul théorique, avant les pertes du ballon et de la tuyauterie ; ce n’est ni une mesure de production photovoltaïque ni la quantité garantie disponible au robinet. Le volume exploitable dépend aussi du profil de puisage et de la stratification de l’eau. Energie Plus estime qu’une bonne stratification permet de considérer 80 à 95 % du volume réel du ballon comme utilisable pour la température visée. Si l’eau se mélange davantage, une fraction du stock peut ne plus fournir une température de confort suffisante. L’exemple de 9,3 kWh doit donc servir à comprendre l’échelle, pas à promettre autant d’eau chaude utilisable.

Quand cette solution est-elle pertinente ?

Elle est surtout à examiner si un ballon électrique existe déjà, si la production photovoltaïque dépasse régulièrement les usages instantanés et si des besoins d’eau chaude surviennent plus tard. Suivre la production, les consommations et les plages de chauffe aide à voir si le ballon est souvent en demande pendant les heures solaires ou s’il est déjà chargé avant le surplus. Le volume utile doit être dimensionné par rapport au profil de puisage : Energie Plus souligne qu’il n’existe pas un volume de stockage qui convienne à tous les usages. Le ballon reste un stockage de chaleur lié à l’eau chaude sanitaire. Sa capacité est bornée par le volume et l’écart de température que l’installation peut utiliser ; la chaleur perdue n’est pas récupérable. Il ne remplace ni une batterie pour alimenter les usages électriques du soir, ni un chauffe-eau solaire thermique conçu autour de capteurs et d’un circuit de transfert de chaleur. La bonne question est donc moins « combien de panneaux faut-il ? » que « quelle part du surplus peut être convertie en eau chaude utile sans excéder les besoins ni compromettre le fonctionnement sûr du chauffe-eau ? »

Sources

  1. Enedis / SéQuélec
  2. Institut National de l’Énergie Solaire (INES)
  3. Energie Plus Le Site