EXPLICATION
Pourquoi étudier l’écrêtement solaire sur le réseau ?
La modulation de la puissance solaire injectée est une piste face aux contraintes que la production décentralisée peut créer sur les réseaux. L’étude PERSEE de l’ADEME modélise des départs représentatifs et plusieurs scénarios photovoltaïques ; elle conclut à un bénéfice financier de l’écrêtement dans les cas étudiés. Raccoflex-BT vise séparément le développement d’un pilotage fondé sur les données des compteurs communicants.
Solaire au quotidien · Rédaction assistée par IA · Mis à jour
Pourquoi le réseau doit-il s’adapter ?
Les réseaux de distribution ont d’abord été conçus pour acheminer l’électricité vers les zones de consommation. Avec l’arrivée de productions renouvelables décentralisées, ils doivent aussi accueillir de l’électricité injectée localement : leur fonctionnement devient bidirectionnel. Cette évolution peut demander la création ou le renforcement d’ouvrages, en particulier selon la localisation des installations et leur taille. La question de la puissance solaire injectée se pose donc dans un contexte où les conditions d’accueil varient d’un endroit à l’autre. L’écrêtement consiste à limiter cette puissance ; l’étudier permet d’examiner si cette modulation peut répondre à certaines contraintes du réseau et éviter une partie des coûts de renforcement.
Une piste de flexibilité parmi les contraintes locales
Le ministère présente la modulation de la production comme une piste face aux nouvelles contraintes liées à la production intermittente. Pour le photovoltaïque, l’écrêtement revient à ajuster la puissance injectée plutôt qu’à considérer que toute la production disponible doit passer sur le réseau. L’enjeu économique étudié par l’ADEME est le lien entre cette flexibilité et les coûts de renforcement : si la modulation aide à limiter ces coûts, elle peut présenter un intérêt financier. La pertinence dépend toutefois des configurations examinées ; le principe seul ne permet pas de déduire une décision pour chaque installation.
Les compteurs apportent des mesures pour observer le réseau
Les compteurs communicants peuvent transmettre les données qu’ils mesurent. Le ministère indique qu’ils peuvent améliorer l’observabilité du réseau basse tension, notamment grâce à un suivi plus fin de la tension. Ces informations servent à mieux suivre le fonctionnement du réseau. Cette fonction d’observation est distincte du pilotage d’une installation photovoltaïque, même si les données de compteur peuvent constituer une base pour concevoir une solution de commande.
Ce que la simulation PERSEE permet d’examiner
L’étude publiée en 2025 par le laboratoire PERSEE des Mines–PSL modélise le réseau français en s’appuyant sur une sélection de départs représentatifs sur le territoire. Elle examine plusieurs scénarios de déploiement photovoltaïque pour représenter la diversité possible des trajectoires. L’ADEME rapporte un bénéfice financier de l’écrêtement solaire dans tous les cas étudiés. Ce résultat répond à la question économique à l’échelle des scénarios modélisés : il ne constitue pas une estimation des pertes de production ni une conclusion applicable telle quelle à chaque installation.
Raccoflex-BT : un objectif de pilotage distinct
Les travaux de l’étude s’inscrivent dans le projet Raccoflex-BT. Son objectif est de développer une solution de pilotage des installations photovoltaïques pour proposer une offre de raccordement intelligente en basse tension, à partir des données des compteurs communicants. Il s’agit de l’objectif du projet ; la modélisation des départs représentatifs et l’analyse des scénarios constituent, elles, la méthode de l’étude PERSEE.
Sources
ADEME ↗ · consulté le 2026-10-04
Ministère de la Transition écologique ↗ · consulté le 2026-10-04
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