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EXPLICATION

Panneaux solaires flottants : quels effets sur l’eau ?

Le projet SOLAKE combine des essais en mésocosmes et le suivi de gravières équipées. Les essais montrent des effets qui varient selon le recouvrement et l’enrichissement en nutriments. Après deux à trois ans, les impacts observés sur la biodiversité et les réseaux trophiques des sites étudiés restent limités ou non significatifs.

Solaire au quotidien · Rédaction assistée par IA · Mis à jour

Deux approches complémentaires

Le projet SOLAKE étudie les effets écologiques de centrales photovoltaïques flottantes sur des plans d’eau de gravière. Il associe deux approches. En mésocosmes, les chercheurs ont testé des recouvrements par les panneaux allant de 0 à 65 %, en interaction avec l’enrichissement en nutriments. Sur le terrain, ils ont suivi 15 plans d’eau de Haute-Garonne et d’Ariège, assez peu profonds et de quelques dizaines d’hectares, dont quatre équipés de centrales. Le protocole BACI compare les situations avant et après installation avec des sites témoins et d’impact. L’ensemble permet de rapprocher des conditions expérimentales maîtrisées et des observations sur des gravières réelles.

Les résultats en bassins dépendent des conditions

Dans les mésocosmes, le recouvrement par les panneaux a réduit la température de l’eau et l’évaporation. Il a aussi modifié la composition du zooplancton et des macroinvertébrés, et altéré certaines fonctions de l’écosystème, surtout lorsque le recouvrement dépassait 45 %. Les résultats ne décrivent donc pas un effet identique à toutes les couvertures testées. Le contexte trophique compte aussi : la décomposition et les émissions de gaz à effet de serre dépendaient davantage de l’enrichissement en nutriments que du recouvrement. Les essais indiquent ainsi que les réponses des communautés et des fonctions aquatiques varient avec la couverture des panneaux et les conditions nutritives du milieu.

Un bilan de terrain encore limité dans le temps

Sur les gravières équipées, après deux à trois ans d’installation, le refroidissement moyen observé était de 1,2 °C, avec une baisse pouvant atteindre 3 °C en été. Les chercheurs ont également relevé une baisse de luminosité et de nutriments particulaires, ainsi qu’une réduction nette des émissions de CO₂ et de CH₄ attribuée à l’effet de barrière physique des centrales. Sur ces sites et cette période, les impacts sur la biodiversité et les réseaux trophiques sont restés limités ou non significatifs. L’ADEME qualifie les effets écologiques de globalement modérés dans les gravières étudiées, tout en indiquant qu’ils peuvent varier avec le recouvrement et le contexte trophique. Elle recommande de poursuivre l’évaluation sur la durée de vie des centrales, estimée à environ 30 ans, et dans des milieux aquatiques aux caractéristiques contrastées.

Sources

ADEME ↗ · consulté le 2026-10-03

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